Les événements de ces derniers jours, me poussent à cette mise au point, afin de clarifier mes intentions, choix et
décisions.
L’esprit créatif et artistique est le moteur de toute ma vie (j’ai 54 ans).
Immergé dans cet état, je n’ai sans doute pas mesuré l’importance d’une démarche purement administrative, si éloignée
de la libre création. Bien qu’ayant l’accord du propriétaire, il m’était difficile d’apprécier, en tant que locataire, ces contraintes purement administratives et cela sans envie de déranger ou
de provoquer.
J’ai agi de bonne foi, à cent lieues d’imaginer un tel tollé. Je déplore, bien sûr, toute cette polémique.
Mon intention est dans le prolongement de ma démarche artistique, poussée au plus loin. A savoir, le développement du monochrome, de la rigueur et du minimalisme. Parti d’une toile, mon évolution m’a conduit vers la composition d’œuvres comportant plusieurs
châssis, tantôt carrés, tantôt rectangulaires ou triangulaires, afin de "sortir" de la surface plane du châssis traditionnel.
En arrivant à Agen, cette grande maison assez cubique, chapeautée d’un triangle (le toit), a excité ma "fibre
artistique". Aucun désir de dénaturer l’esprit Basque de cette magnifique demeure.
Lors de la remise en état de la maison (2003), l’idée de la peindre en noir était déjà présente. Première étape,
garage et cuisine d’été, repeints en blanc et noir puis la pose des volets électrique d’un bronze foncé, afin qu’ils soient le plus sombre possible, déjà. Le temps et la réflexion m’ont conduit à
poursuivre le travail entamé il y a près de cinq ans maintenant. L’importance financière de ces travaux de peinture n’étant pas négligeable.
L’architecte de cette grande maison, inconnu de nous, a déjà joué avec les matériaux. La maison est entièrement en
béton armé, avec des effets de matières : des parties plates (la façade nord), d’autres bosselées (façades est, ouest et sud), ainsi que des faux bois. Afin, sans doute, de rendre cette "masse"
imposante, plus légère.
Je pense avoir aussi fait preuve de mon intégration locale et sociale. A Puymirol, nous avons ouvert nos portes à l’occasion des "Journées du Patrimoine". Nous avons
reçu à dîner une équipe de jeunes, venant du monde entier pour restaurer le patrimoine Français (l’église Saint Julien à Puymirol). A Agen avec l’aide précieuse de l’équipe en place, soutenu par
les deux conservatrices du Musée d’Agen, j’ai initié, il y a 6 ans, l’exposition retentissante de l’été dernier "L’Amour de l’Art" (plus de 5000 visiteurs). Pascal Galois et moi avons permis au
plus grand nombre, de découvrir ce qui est "caché" chez les collectionneurs. Nous y avons aussi participé en prêtant des œuvres. Voila pour le coté artistique. Dans une démarche citoyenne, pendant près de cinq ans, j’ai parcouru les écoles et salles de Mairie, du département avec l’Association
AIDES, pour informer les jeunes (notre futur) des ravages du sida. Je crois que peu de personnes ont autant marqué leur respect, leur intérêt et leur implication dans le tissu Lot et
Garonnais.
Nous avons été indignés et blessés par certains propos injurieux tenus à notre encontre, et rapportés dans la
presse.
Si on veut voir notre démarche plus positivement encore, pour Agen et le Lot et Garonne, le fait d’avoir
simplement habillé cette maison de noir, qui fait "impression", peut devenir un attrait touristique pour la ville. Avoir une œuvre artistique, médiatisée actuellement (malheureusement ou
heureusement, l’avenir nous le dira), telle que "La Maison Noire", située au bord du canal des "Deux Mer", peut se révéler, un plus pour nos concitoyens et les plaisanciers fluviaux.
Cette initiative n’était que privée, sans implication financière pour la commune.